Patrimoine sans frontières

Présentation

Patrimoine sans frontières (PSF) est une association (loi 1901) culturelle et de solidarité créée en 1992 avec le soutien du Ministère de la Culture. En mai 2015, elle a été reconnue partenaire officiel de l’UNESCO avec le statut consultatif.

Depuis 1992, nous nous sommes progressivement orientés vers l’intervention dans des situations post-crises et post-conflits, ainsi que dans des contextes de rupture, et d’exclusion. Dans de telles situations, le patrimoine culturel constitue un vecteur social important et un facteur essentiel de résilience.

Au-delà de nos actions de terrain, nous nous sommes donnés, dès la naissance de l’association, une mission d’agitateur de curiosité. Nous cherchons ainsi à diffuser, le plus largement possible, des connaissances et des actualités en matière de patrimoine culturel, à travers notre cellule veille, nos publications et nos journées-débats.

Le patrimoine culturel, à la fois matériel et immatériel, est fondamental dans la construction identitaire des individus et des communautés. Il joue un rôle central dans le renforcement de liens qui peuvent facilement se rompre ou s’affaiblir dans des situations de rupture. Pour nous, la fonction sociale que remplit le patrimoine culturel doit être mise en valeur dans une perspective de développement durable et responsable de nos sociétés. Cette vision guide l’ensemble de nos actions qui visent à répondre directement aux demandes des populations locales.

L’année 1994 marque le début de notre engagement dans les Balkans. Nous avons d’abord travaillé à la réalisation d’un vaste programme de sauvetage du fonds photographique de la famille Marubi à Shkodra, en Albanie. En 2001, Patrimoine sans frontières a lancé un projet de restauration, de préservation et de valorisation du site de Voskopojë en Albanie, en partenariat avec l’Institut des monuments de culture (IMK).

En parallèle, nous sommes intervenus au Liban dans le village de Salima, qui  avait souffert des dommages de la guerre civile par le départ forcé d’une partie de sa population et la destruction de certains de ses quartiers. L’engagement de PSF a accompagné le retour des populations déplacées et le démarrage de la reconstruction des quartiers détruits.

A la demande conjointe des ministères des Affaires étrangères allemand et français et sous l’égide de l’UNESCO nous avons dirigé le programme de réhabilitation de l’Église Saint Sauveur à Prizren au Kosovo qui a souffert des combats qui ont ensanglanté cette ville de 1999 à 2004.

De 2002 à 2007, nous sommes également intervenus en Biélorussie afin d’accompagner la population locale dans la transmission de la mémoire de la catastrophe de Tchernobyl.

Toujours dans un souci de réappropriation culturelle, nous nous sommes engagés auprès des Musgum du Cameroun afin de valoriser un savoir-faire architectural délaissé : la construction de la case obus, habitat traditionnel.

Après le séisme de 2010, nous nous sommes rendus en Haïti et avons décidé d’aborder la question de la reconstruction sous un autre angle. Après l’urgence, nous avons voulu participer au renforcement des liens sociaux en valorisant le patrimoine musical qui occupe une place essentielle dans la société haïtienne - d’abord en soutenant les écoles de musique reculées du pays et particulièrement touchées par la catastrophe, et plus tard, à travers un projet de film documentaire sur les bandes à pied qui est en cours de réalisation.

En 2011, le tsunami qui a frappé le Japon nous a mobilisés et nous avons souhaité mettre en valeur le patrimoine culinaire du Tôhoku. En effet, les yataï, restaurants éphémères propres à cette région, sont au quotidien l’occasion de se retrouver et d’échanger pour la population. C’est ainsi que nous avons organisé la venue en France de grands chefs japonais qui ont permis au public français de découvrir leurs merveilleuses préparations.

Enfin, nous avons cherché à remplir notre rôle dans la sensibilisation au patrimoine en France en mettant en place différentes actions auprès du jeune public : « La Maison de mon doudou », « Patrimoine y es-tu ? » et « Patrimoine en partage ». Ce dernier projet est né après une longue expérience en matière de sensibilisation au patrimoine et s’est transformé en un véritable programme centré sur le dialogue interculturel. Depuis 2013, nous avons développé une application de « Patrimoine en partage » au sein des classes d’accueil (dispositifs mis en place par l’Éducation nationale pour accueillir les jeunes migrants qui arrivent en France). Le projet les aide à établir un lien entre leur(s) culture(s) d’origine et le nouvel environnement culturel. Actuellement, et afin de sensibiliser les jeunes générations à leur rôle de médiateurs culturels, différentes applications de ce programme sont en cours de développement  à l’international.

Chacune de nos actions engendre des résultats spécifiques, mais elles ont toutes conforté la vision du patrimoine culturel que nous cherchons à transmettre. Dans un premier temps, la réhabilitation de patrimoines endommagés, en collaboration avec la population locale, a alimenté notre réflexion sur la nécessité d’une implication directe des communautés dans la préservation et la valorisation de leur patrimoine. Petit à petit, nous avons donc développé de nouveaux axes qui se sont progressivement intégrés dans nos missions à travers des actions liées à la transmission et à la réappropriation, au renforcement des liens sociaux et, plus récemment, aux échanges entre les cultures, des questions qu’il est indispensable de traiter dans nos sociétés contemporaines.

Les axes d'intervention

Suivant les contextes et la nature des interventions, les résultats sont différents, mais notre expérience nous a permis de constater que la reconnaissance et la réappropriation du puissant vecteur social qu’est le patrimoine culturel (de l’individuel à l’universel) aboutissent à la reconstruction de l’identité culturelle et du lien entre les individus et participent ainsi à l’apaisement des tensions et au développement socio-économique des populations et de leur territoire.

Patrimoine sans frontières agit à travers quatre axes d’intervention, qui sont le renforcement du lien social, les échanges interculturels, la transmission et la réappropriation, et enfin, la réhabilitation et la valorisation.


Renforcement du lien social

Le patrimoine culturel est fondamentalement un objet et un vecteur de dialogue. En temps normal, le patrimoine culturel assure la cohésion au sein d’un groupe et c’est pour cela qu’il est indispensable de le mettre en valeur lors d’actions qui suivent les situations de rupture, car il permet de redynamiser les liens entre les membres d’une communauté. Cet axe d’intervention est présent, de manière plus ou moins directe dans chacune de nos actions. C’est dans cette optique que s’inscrivent les différentes actions que nous avons mises en place afin de soutenir les écoles de musique en Haïti. En leur donnant les moyens de se reconstruire après le séisme, nous avons contribué à préserver le rôle que la musique joue dans la vie de la société haïtienne.


Réhabilitation et valorisation

Lorsqu’une action de réhabilitation d’un bien culturel a lieu, son objet ne doit pas être envisagé comme un simple vestige historique. Le patrimoine culturel est perpétuellement réinterprété par les populations et cette dynamique doit être complètement intégrée dans toute action de valorisation. Qu’il s’agisse d’un patrimoine bâti, comme les sites religieux de Voskopojë, ou d’un patrimoine vivant, comme les bandes à pied haïtiennes, nous cherchons toujours à respecter et à encourager l’aspect vivant qui anime chaque patrimoine.


Transmission et réappropriation

Le patrimoine culturel est un élément qui définit l’identité des individus, des communautés et des sociétés. L’ensemble des individus d’un groupe partage le même patrimoine culturel, et celui-ci permet de les relier entre eux et avec leur histoire collective. Pour qu’il puisse remplir ce rôle, le patrimoine culturel doit être l’objet d’une transmission continue. Malheureusement, cette transmission du patrimoine culturel est souvent mise en péril dans des situations de rupture, ce qui rend le processus de reconstruction d’autant plus délicat.


Échanges interculturels

Le patrimoine culturel, matériel et immatériel, spectaculaire et ordinaire, est l’essence même de toutes les expressions culturelles d’une population. Cela en fait la première source de perception entre les populations. Prendre conscience de la valeur des différents patrimoines culturels à travers le dialogue est le principal moyen de rassembler les communautés. Les relations interculturelles offrent la possibilité d’élargir les horizons de chacun et de découvrir différentes interprétations du monde. Cela est d’autant plus important dans nos sociétés contemporaines qui sont de plus en plus interconnectées.

 

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